dimanche 18 janvier 2009

L'immeuble

Les façades ne périclitent pas tout à fait aussi vite que Rome à son heure, mais les craquelures semblent prendre racine dans le sol comme des pins centenaires et poussent, vu d’ici, jusqu’aux chenaux. C’est somme toute étonnant, comme les appartements y sont coquets, du moins le mien. La vieille dame du premier, Mme Villiers, je crois, je vérifierai sur la boite aux lettres, Mme Villiers donc, me faisait part hier matin, alors que je la croisais dans les escaliers, ou, plus précisément, que j’essayais de n’avoir qu’à la croiser, du froid que ces fissures lui procuraient dans son appartement :
« Ah ! Rendez-vous compte, ces fissures sont si grandes que lorsque j’y glisse un œil, je vois la rue… Vous imaginez… Et ce froid qui s’infiltre, c’est impossible de chauffer, et en cette saison, il fait froid… Pour une vieille dame comme moi, même Salomon a pris un rhume… Pour vous dire… J’espère que je pourrais passer l’hiver… Parce qu’à la régie, ils s’en fichent, les vieilles dames, Monsieur, de nos jours, tout le monde s’en fiche…C’est à cause de leur fichu métro…
- Qu’est-ce qui est à cause du métro ? N’aurais-je pas dû demander.
- Mais les fissures ! Ces fichus fissures qui me cassent les os ! Me cria-t-elle dans les oreilles, il faut dire qu’elle est moitié sourde, ce que j’apprécie habitant juste au-dessus de chez elle.

samedi 17 janvier 2009

Je connaissais déjà la fin

Les histoires sont toujours à croquer lorsqu'elles finissent par une chute de rein.

dimanche 11 janvier 2009

Pour un meilleur écoulement, coupez les cheveux en quatre

A trop laisser couler l'eau bénite sur de sales confessions, l'abbé noir s'est bouché...

vendredi 18 juillet 2008

Ma claque

A force de faire des singeries, tu vas prendre ma claque !


PS : L'internaute assidu relèvera que j'ai le culot d'éditer un billet 6 mois plus tard et d'ôter tout le contenu de départ, tout ça pour... ça.

jeudi 3 juillet 2008

Bookmarketeur

J'avais misé sur sa libération, maintenant je ne parle plus de Bétancourt, mais de Bet finis.


Les paris sont fermés, rangez vos t-shirts au placard.

jeudi 26 juin 2008

La France en musique !

Ô Drame ! on m’embarque !
Ô Désespoir ! Belle Hélène !

Ô Lady (commandements) m’a taguer* !

Il s’agit donc d’un questionnaire musical (en seconde le moteur à froid).

Il n’est pas très long, donc je veux bien le faire, et puis, avouez-le ça fait des lustres que nous n’avons pas parlé musique et ça vous manque (je cherche un jeu de mot, mais je n’en trouve pas…)

histoire de suivre le fil, v'la la playlist sous Deezer : (ayez l'amabilité de l'écouter, y'a fallu que je charge la moitié des MP3 sur Deezer, et ça m'a pris 'achement de temps !!)


Découvrez T�phone!



Quelle est la chanson française qui évoque ton enfance ?

Sachez-le, alcoolique précoce, j’entonnais (ça vient d’entonnoir) de merveilleuses chansons de soûlards dès ma plus tendre enfance, notamment celle-ci :

Téléphone – 66 heures (il me semble l’avoir déjà collé dans une playlist par le passé, d’ailleurs)


Il circule d’ailleurs une cassette audio où du haut de mes 5 ans je massacre ce chef d’œuvre (n’ayons pas peur des mots), grosse prime à qui détruira le dernier exemplaire !



Quels sont ta chanteuse et ton chanteur préférés ?

« Rmpfl ! » aurait pu dire Lady si elle ronchonnait tel le BlueG. Je lui aurai alors chapardé ses mots !

Dur de limiter son choix, alors au tout venant :
Benoît Dorémus, Alexis HK, Miossec
Holden, A.S. Dragon, Camille
J’voudrions point vous noyer sous la musique, alors je m’limite un peu.


Quel est aujourd'hui l'air que tu fredonnes ?

Depuis quelques jours j’ai dans la tête en permanence (quand mes charmantes collègues n’y colle pas un merveilleux tube d’Amel Bent, maudites soient-elles !)
« Sauve qui punk ! » des Bulldozer


Quel est ton meilleur souvenir de concert ?
« Rmpfl ! » bis. Le prochain ?
Hmm… j’dirions Brisa Roché, c’est le dernier en date, mais c’est certainement le plus aboutis que j’ai eu l’occasion de voir.


Quels chanteurs ou chanteuses représentent mieux la France ?
Ben… j’ai donné ma langue au chat, il m’a répondu qu’il avait d’autres citrons à (Elvis) presser…


Maintenant ! Le moment tant attendu, foule de lecteur, les condamnations !!! Ahahah !!!
Et je tague l’intégralité de ma Blogoliste !!! Yiipii !!! Z’êtes contents !? J’en étais sûr !


* ’tention la référence !

mardi 24 juin 2008

A la Une ! A la deux ! A la trois !!!

"Quelque soit mon titre, je ne porterai pas l'chapeau !"

Un haut dignitaire à l'article d'une condamnation.

lundi 16 juin 2008

Palissade

Triste, triste, triste et tout blanc, papa est dans la chambre, il veut pas que je reste avec lui, il dit : "Va jouer dehors, laisse-moi tranquille." Mais moi je voulais juste rester un peu avec lui. J'aime pas quand il reste comme ça dans la chambre, il ferme tous les volets, alors moi je fais attention à pas pleurer, je veux pas qu'il soit triste encore plus.

Alors moi, je vais dans le jardin, la dame que j'aime pas trop, elle dit que j'ai de la chance d'avoir un jardin, que tous les enfants ont pas de jardin, je m'en fiche, moi, de ça. Alors moi, je joue au foot, y'a deux arbres, c'est les buts, et moi je tire des coups-francs comme Zidane, il est fort Zidane. Alors moi, je tape de toutes mes forces, et des fois le ballon va très haut. Si haut qu'il passe la palissade qu'est au fond du jardin, et là, mon ballon il est chez le voisin et j'ose pas y aller. Alors souvent, comme je sais pas quoi faire, je m'assois dans l'herbe et j'attends en regardant la palissade, parce que des fois le voisin, même qu'il est vieux, ben il le renvoie le ballon. Des fois, mon papa il me voit comme ça, alors ça le fait rigoler, il dit qu'il se moque pas, mais j'aime pas trop quand même. Papa, il dit : "Cette palissade c'est ton mur de Berlin." Mais je comprends pas trop ce que ça veut dire.

dimanche 15 juin 2008

Les blogrolls m'obsèdent

On a beau noyer le poisson, l'aquarium n'en est pas plus grand.*


*Proverbe chinois ascendant BlueG


PS : Vous l'aurez compris, bien que vous vous en foutiez éperdument, j'ai mis à jour le truc, colonne de droite**, qui sert à faire croire qu'on a plein de coupains du web passkon est trop cool ! J'ai p'têt oublié deux trois oiseaux ci et là, mea culpa.


**Remarques que y'en a pas à gauche.

PS bis (et de plus en plus petit) : J'ai zappé à qui appartient le copyright de la photo... Mais, jsu sûr que vous vous doutiez que c'était pas de moi !

mercredi 11 juin 2008

Foxy more...

Je viens de me faire enchainer par Ellie, je vous vois venir et certains d'entre vous me jalousent, je peux le comprendre, mais rassurez-vous, ce sentiment ne durera pas, il est question d'oxymores... et moi... les oxymores je ne sais pas ce que c'est... Alors j'ai bien tout lu les cons traditions d'Ellie et j'ai aussi wikipédié pour en arriver à 5 phrasouilles qui sont sensées illustrer mon formidable caractère de cochon (ou de chat, ça varie selon les circonstances)... en oxymore, donc, pour ceux qui n'auraient pas compris.

1. Je suis exceptionnellement commun, c'est un fardeau assez léger pour tout dire.
2. Mes sentiments sont profondément superficiels ou l'inverse, ça varie.
3. Préférant le drame à la comédie, j'ai, dit-on des idées sombres lumineuses (en toute modestie bien entendu)
4. Je suis un activiste passif... C'est presque synonyme de socialiste selon le PS, mais je ne peux m'y résoudre !
5. Je vois aveuglément le bien partout ! Nan j'déconne...


Bon...

Je ne suis pas sûr d'avoir réussi cette dure mission, mais je laisse à quiconque le souhaite reprendre ce charmant flambeau et le faire vibrer sur son propre blog.

mardi 10 juin 2008

C'est bien, c'est beau, c'est BlueG

J'ai jeté une bouteille vide dans l'océan de l'information, je l'ai retrouvée sur whiskypédia... Comme quoi...

mercredi 4 juin 2008

A travers les persiennes

Les persiennes à lame filtrent les lumières de la rue. Un camion passe et zèbre le plafond. Il fait du bruit aussi. Quelques ombres de feuillage dansent, font des chinoiseries, dans une ambiance orangée, plus douce, plus agréable… Je m'emmerde… le sommeil ne vient pas…
C'est chaque soir la même rengaine, j'éteins la télévision, la lumière. Le noir envahit la pièce et le silence lourd dure une éternité jusqu'à ce que la rue voisine klaxonne, crie, crisse, chante, vomisse. Puis je me débarbouille, me brosse les dents, un bruit particulièrement désagréable, souvent le pommeau de douche goutte, je déteste ça, mais la robinetterie est dure, alors je m'acharne un peu dessus. Parfois je ne m'en rends pas compte tout de suite, et je l'entends depuis ma chambre, c'est encore pire, j'en fulmine. Bien propre, je me couche… Et là… mes nerfs vibrent, mes yeux s'écarquillent, des spasmes… Je m'emmerde… le sommeil ne vient pas.
Alors j'attends, quand c'est supportable, sinon je crie, parfois je pleure. J'attends.
J'attends qu'un camion passe dans la rue et zèbre le plafond.
J'attends qu'une brise se lève et fasse danser les feuillages en ombres chinoises.
J'attends qu'une clé fasse claquer la serrure.
J'attends que tu ouvres la porte. Comme j'aimerai que tu l'ouvres, que tu reviennes…
Si tu étais là, nous n'attendrions pas, nous nous enlacerions tendrement…
Jusqu'à ce qu'un camion passe dans la rue et zèbre le plafond… puis je t'embrasserais…
Jusqu'à ce qu'une brise se lève et fasse danser les feuillages en ombres chinoises… puis tu m'embrasserais…
Jusqu'à ce que rien ne se passe plus autour… puis nous nous aimerions…



La farandole de solitudes :

Ce texte prend la suite de May et continue chez électron libre.

La farandole a été initiée par Traces (on y trouve tous les danseurs)
N'hésitez pas à prendre la suite si cela vous tente !

mardi 3 juin 2008

Rien qu'une petite phrase


Je cherche… Je cherche désespérément depuis des jours… Mais rien. Rien qui ne se profile, se dessine, s'agence, naisse. Le vide intersidéral, sidérant, j'en râle, j'en rage. Comble de l'esprit, cave insalubre de l'âme, la fontaine se tarit (potter).

Comme on s'agite, l'air se brasse et le remous nous entoure… Mais rien…



En général, c'est une bluette, une anecdote, une phrase, une image, un souvenir à demi effacé qui donne forme à un soubresaut de paragraphe, puis l'histoire naît, d'elle-même, des personnages prennent corps, des phrases absurdes se catapultent contre les forteresses de la page blanche, la mal nommée puisque la page est un écran, une lueur sans espoir… un curseur qui clignote comme le tic tac du temps qui s'use*.



C'est pourquoi, en ce jour, j'ai décidé de ne parler de rien, de ne rien raconter et d'en faire tant de tartines qu'on nourrirait le tiers et le quart monde réunis pour peu qu'ils aient un peu de café… Les tartines sans café…



Donc cher lecteur fais comme ci quelque chose de passionnant venait de sauter à tes mirettes !



Merci d'avance.



*bien que je préfère le whisky




Photographie : Lafailli

jeudi 22 mai 2008

Les hommes proposent, les femmes disent "pause"

Je lui ai proposé un 'rendez-vous', elle m'a laissé 'les mains en l'air'

dimanche 18 mai 2008

La soie d'un papillon blanc (2/2)

Quelques mois passèrent, quelques mois dans d’autres bras, sans lendemain, dans des histoires stériles et peut-être une ou deux gâchées par la peur de dire qu’on voudrait la revoir parce qu’elle pourrait refuser.
Je n’avais jamais vraiment repensé à elle depuis ce matin là, où je m’étais endormi soulagé, mais dans le fond de la pièce, je la vis de dos, son cul avait tout pour éveiller quelques-uns de mes fantasmes, mais, je m’en étonnais, pas cette fois là. Je fusillais un peu du regard mon hôte qui ne comprit pas vraiment, après tout, c’était moi le coupable, je n’allais pas en plus demander à ce qu’on m’avertisse de la confrontation. Mais elle était ma culpabilité justement. J’hésitai à ignorer la belle, failli le faire, puis me ravisai. Lorsque je vins la saluer, elle me sourit, n’ayant rien en retour, elle fit papillonner ses paupières, laissa glisser son regard dans le vide et pinça légèrement ses lèvres aux commissures. J’apposai sur sa joue la mienne, comme il était coutume de le faire entre connaissances suffisamment introduites, je sentis tressaillir la donzelle qui ne pu se retenir de frôler ma main de son index. Idiote.

Je l’ignorai superbement tout au long de la soirée, mêlant volutes de tabac aux vapeurs de mauvais whiskys, elle se saoulait, elle aussi, parmi d’autres convives, se donnant du courage.
La réunion amicale touchait à sa fin quand elle vint me trouver, elle tanguait sérieusement enivrée de Monbazillac. Elle me parla de tout et surtout de rien, attendant l’ouverture. Je pris soin de laisser toutes les portes fermées accroché à mon verre, caché dans la fumée. Elle trépignait, l’alcool n’est pas source de patience, malhabile, elle mit ses bras autour de mon cou et y lova son visage. Ses cheveux sentaient bon, certes, mais je la repoussai. Sans méchanceté, sans haine, pour elle, pour ne pas la blesser deux fois.
C’est au moment de partir, lorsque toutes les bouteilles furent vides, qu’elle s’y essaya à nouveau.
« Tu me ramènes, je ne suis pas en état de conduire.
- Moi non plus. » Les clés dans la main.
Sous la pression de nos hôtes protecteurs, je cédai.
Elle s’assit côté passager, remisa ses cheveux, me regarda et me sourit. Idiote.
Le long de la route, elle resta immobile, attentive. J’étais loin.
Je ne suivis ni la route qui menait à chez elle, encore moins celle qui nous aurait ramené chez moi. Sans trop savoir pourquoi, je m’arrêtai dans un grand terrain vague, à l’abri des regards. Je descendis de voiture, m’allumai une cigarette, assis sur le capot. Elle m’y rejoint. Elle passa ses bras sous les miens, m’enlaçant, puis vint se coller contre mon torse. Je fumais et les étoiles se cachaient derrière un ciel sombre et lourd, proche de l’orage.
Sa main caressait mon dos. Doucement. Je fumais.
Elle releva la tête, déposa dans mon cou un baiser, puis un autre, elle s’approcha tendrement de mes lèvres, je lui rendis ses baisers, sans penser à rien. Nous allions faire l’amour, comme la première fois, avec cette pudeur fragile. Je la repoussai. Encore.

Elle fit quelques pas, et se posta dans la lumière des phares. Elle se tenait de dos, les bras croisés, je crois qu’elle sanglotait.

Je la rejoins, l’enlaçai. Glissai dans son cou un baiser fiévreux, j’avais envie d’elle. Elle frémit. Ma main serra son bras, glissa entre ses cuisses, l’autre serrant son sein battant. Je passai finalement ma main droite dans ses cheveux en l’embrassant, puis sur son cou, ma main gauche l’y rejoint, et, ensemble, elle serrèrent, et serrèrent encore, précises, fortes, sans aucun doute. La belle ne se défendit presque pas. Elle sombra vite inconsciente, puis mourut. Sans reproche.

Je la laissai tomber regardant son auréole se mélanger à sa tête et au sol.

Je restai là quelques instants. Les phares éclairaient son chemisier dégrafé, ses seins blancs, sa jupe légèrement retroussée qui offrait à ma vue ses cuisses tendres et encore chaudes.
Puis je me rassis au volant de la voiture, allumai la radio et une autre cigarette.
Une goutte ou deux s’écrasèrent sur le pare-brise, puis ce fut un déluge électrique, violent. La pluie battait sa peau, douce comme la soie d’un papillon blanc.

samedi 17 mai 2008

La soie d'un papillon blanc (1/2)

Elle avait cette beauté slave et ces yeux bleus qui vous retourne dans la rue, qui pourrait vous faire parcourir le monde entier en une nuit pour un regard en coin. Elle avait cette beauté slave, et c’est tant mieux, elle était russe. Elle était russe, mais née à Rueil-Malmaison, ces parents avaient débarqué en région parisienne trente ans plus tôt, le temps de poser les valises, de trouver un emploi respectable, et notre beauté de l’est fut plantée au milieu du béton, et il y a de quoi s’étonner quand on voit ce que de plantes sublimes peuvent surgir d’un asphalte grisâtre.
Elle avait vingt ans lorsque je l’ai rencontrée, j’en avais vingt-deux, une différence assez négligeable.

C’était un jour où la pluie se mêlait au soleil cuisant des printemps trop chauds pour être honnêtes, où l’orage vous surprend au détour d’une rue, d’une discussion, à la sortie de la boulangerie, tous les clampins, moi y compris, rouspétant de n’avoir pris de veste car le soleil inondait de chaleur le vestibule en une matinée qu’on aurait voulu estivale, heureux que nous sommes de réaliser qu’on en a bel et bien fini avec l’hiver et que les mois qui viennent seront fait de débardeurs, de jupes plissées, de robes printanières, de marcels sans orchestre, de bob Ricard plutôt que l’éponge, de tongs tendances ou non, souvent ridicules, de shorts qui sentent encore la naphtaline. C’était un jour comme ça. Si je sombrais dans le crétinisme, je vous dirais que c’est une journée qui avait tout pour ressembler à ce qui va suivre, à ce que je voudrais vous conter, enfin, aujourd’hui.

Je me noyais dans ses yeux quand son regard un peu timide s’habillait de tendres rêveries. Je me perdais dans l’immensité immaculée de sa peau à la douceur d’une soie de papillon blanc, au parfum léger d’un alpage dans le cœur de l’hiver. Je mourrai piqué par sa poitrine aguicheuse, ferme comme un principe injustifié. J’oubliais jusqu’à mon nom dans les profondeurs vibrantes de son corps lascif et désespérément mien. Mais rien à y faire, je ne l’aimais pas.
La cruauté des sentiments n’atteindra jamais celle de l’indifférence.

Je l’oubliais parfois, souvent, comme une plante s’efforçant de prendre le soleil, de donner à ses poussées les vertiges de la nature, je l’oubliais au beau milieu de la serre, elle gardait le courage de ne point se faner, de séduire à tout prix, elle aurait gain de cause se disait-elle. Je n’avais rien à lui apporter, et n’essayais pas d’y changer quoi que ce soit, mais son dévolu m’inondait, me salissait les mains. Elle irait jusqu’au bout, et elle le fit.

L’indifférence laissa place à l’agacement, l’incompréhension : « Mais fuis, fuis idiote, tu ne vois pas que je ne t’aime pas ? que je vais te détruire ? ». Son amour la contentait, elle s’en nourrissait, n’attendant rien en retour, acceptant le moindre de mes caprices, de mes travers, de mes travers de porc.

Son pas parfois était un peu moins léger qu’à l’habitude, j’avais, je ne sais comment perturbé son abnégation, elle s’en allait pleurer le temps d’une chanson triste et revenait plus forte. Je crevais… Ma cruauté saignait mes chairs, son amour lacérait mon cœur, mes égarements me couvraient d’une honte sourde. Je souffrais de ce coup du sort, nous souffrions, mais ne partagions rien d’autre que l’expression de mes outrages. Elle les laissait passer priant que ce soit le dernier, je maudissais son impassibilité.
L’enfer avait les yeux d’un ange et mon cœur froid était le serf d’une raison perturbée, agacée, aux accès de violence contenue.

Il fallait que tout cela s’arrête.

J’ai décidé pour elle et moi, j’en avais l’habitude. En rentrant un matin décharné, où la saoulerie de la nuit à un goût désagréable, je la vis patiente, droite et concentrée, l’œil légèrement alourdi d’une nuit sans sommeil, d’une vie à attendre, elle était prête. Elle irait jusqu’au bout, je le sentais, elle aurait scellé à son doigt l’anneau enserrant, emprisonnant, son âme.
Ce matin là, elle ne dit rien, sur son visage, on lisait tout juste un sourire rassuré, comme un manque satisfait.
Ce matin là, je l’ai trouvée si idiote.
« Prends ton sac et barre-toi. » Ma voix était calme, j’avais sommeil.
Elle ne comprit pas tout de suite, me regarda interloquée, s’interrogeant. Etais-je en train de la quitter ?
« Prend ton sac et barre-toi. J’en peux plus de voir ta gueule traîner dans cet appart’. »
Cette fois là, elle comprit. Ses yeux vibrèrent, quelques larmes chaudes glissèrent sur sa joue laiteuse, toujours aussi immaculée, toujours aussi douce que la soie d’un papillon blanc.
J’avais l’air impassible, la fatigue et l’alcool m’aidaient, mais au fond, je vrombissais qu’aucun reproche, aucun cri, aucun coup ne sorte d’entre ses dents qu’elle n’avait même pas eu besoin de serrer.

Elle prit son sac en silence, tentant de dissimuler les soubresauts de pleurs profonds, comme pour me protéger de sa peine, incapable qu’elle fut de le faire de son amour sans limite. Elle passa lentement près de moi, les épaules lourdes, le visage contre terre. De sa main elle frôla la mienne que je retirai doucement. Elle s’arrêta sur le pas de la porte, ne se retourna point, sa silhouette dans l’ombre n’esquissa aucune vibration, elle ferma la porte sans la claquer, ses pas ne firent aucun bruit dans les escaliers.

mardi 6 mai 2008

à vote bon coeur !*


* Vous remarquerez que j'ai fait un effort pour que le titre soit nul aussi !

PS : pour voter tu cliques (et après y'a plein d'autres clics également, mais je voudrais pas t'effrayer)

mercredi 30 avril 2008

Zat ize Ze kwechtionne

Faut-il être au pied du mur pour déposer une plainte ?*





*spécial tribute to Freehug ! (inspiratrice émérite de l'auteur du BlueG)

dimanche 27 avril 2008

Expo, nouveau vase !

Etant une feignasse chronique, et n’ayant absolument rien à mettre sur ce joli blog qui est le mien et que vous pouvez soutenir au Festival des Rasants* ! Initiative éclatante et pour de laquelle kikoolol etc. mdr, le BlueG ait teu reuh de konque ou rire (je fais des efforts pour entrer dans toutes les catégories du fameux concours,j’espère que c’est assez discret !)

Donc…

Je disais…

Etant une feignasse chronique, je tiens absolument à vous présenter les expos actuelles (jusqu’au 8 juin) du Musée Européen de la Photographie** (à Paris dans le Marais, j’vous laisse vous débrouiller pour l’adresse précise)

Vous me direz, pourquoi parler de cela à tes deux seules lectrices (car mon lectorat est exclusivement féminin bien que le mot mascaras n’est jamais paru ici-même jusqu’à ce jour !) qui ne se fendront sûrement pas d’un trajet sur Paris pour une expo !?
Mais parce que c’est intéressant tout court !

J’ai l’impression de digresser sans cesse…

Donc…

Je disais…

L’expo actuelle propose une retrospective consacrée à Valérie Belin, ainsi qu’à Georges Rousse… Et franchement, ça kikoolol déchire vegra !

L’heure des dépêches AFP (en fait, littéralement pompées sur le site du musée qui en parle bien mieux que moi :

Valérie Belin :

S'appuyant sur un protocole précis, la photographie de Valérie Belin frappe par son caractère à la fois spectaculaire et dépouillé, ainsi que par une rigueur qui n'autorise aucune projection ou dérive narrative.
Son travail peut être considéré comme une tentative obsessionnelle d'appropriation du réel où le corps, au sens large du terme, joue un rôle déterminant. Ce traitement particulier des êtres et des choses dans son travail participe d'un intérêt pour une forme d'abstraction dans la photographie.




Georges Rousse :

Architecte d'un espace intérieur, Georges Rousse est un archéologue de l'invisible, à la recherche, non pas de la lumière, mais de l'idée même qu'il s'en fait, non pas de la couleur, mais de son concept. La photographie devient une plaque, non plus seulement sensible, mais transparente, en connexion avec le sens caché des choses.
L'exposition rassemble les œuvres récentes les plus marquantes d'un artiste qui, depuis plus de trente ans, en transit dans les villes du monde entier investit des lieux en voie de disparition, à la fois insolites et inattendus. Une salle transformée en project-room retrace également l'ensemble de son parcours depuis 1981.



A noter que les deux expos sont particulièrement bien combinée, deux manières de transcender le concret, de jouer avec les apparences (une sorte de réalisme surréaliste si j’puis m’permettre… et si ça veut dire quelque chose, ce qui n’est pas gagné !) Bref… sans vouloir me répéter, ça déchire vegra !

Et je tiens enfin à rappeler à ma large audience que Lafailli expose à Nantes jusqu’à la fin du mois ! Et j’vous assure que ça mérite aussi le détour ! (bien qu’en mal organisé que je suis, je n’ai pas réussi à m’y rendre, à mon grand désespoir, que je noierai dans l’alcool dès le soir venu)

Je vous griffouille amicalement.***


*Notez que si vous êtes blogueur vous pouvez également vous y inscrire ! Vous pouvez aussi, et ça ça fonctionne même si vous n'êtes pas blogueurs, dénoncer les p'tits copains !
**D'ailleurs, c'est toujours très intéressant ce qui se passe là-bas ! Et je remercie encore Laurence pour la fameuse expo d'Edouard Boubat
***Et espère que les nombreuses fautes d'orthographes qui auront jalonné ce billet vous auront ravies !

jeudi 17 avril 2008

Quand le mousse tique !

Le palu fait plus de victimes dans les régions où l'analphabétisme et l'illettrisme sont le plus répandu...

étonnant non ?