dimanche 18 mai 2008

La soie d'un papillon blanc (2/2)

Quelques mois passèrent, quelques mois dans d’autres bras, sans lendemain, dans des histoires stériles et peut-être une ou deux gâchées par la peur de dire qu’on voudrait la revoir parce qu’elle pourrait refuser.
Je n’avais jamais vraiment repensé à elle depuis ce matin là, où je m’étais endormi soulagé, mais dans le fond de la pièce, je la vis de dos, son cul avait tout pour éveiller quelques-uns de mes fantasmes, mais, je m’en étonnais, pas cette fois là. Je fusillais un peu du regard mon hôte qui ne comprit pas vraiment, après tout, c’était moi le coupable, je n’allais pas en plus demander à ce qu’on m’avertisse de la confrontation. Mais elle était ma culpabilité justement. J’hésitai à ignorer la belle, failli le faire, puis me ravisai. Lorsque je vins la saluer, elle me sourit, n’ayant rien en retour, elle fit papillonner ses paupières, laissa glisser son regard dans le vide et pinça légèrement ses lèvres aux commissures. J’apposai sur sa joue la mienne, comme il était coutume de le faire entre connaissances suffisamment introduites, je sentis tressaillir la donzelle qui ne pu se retenir de frôler ma main de son index. Idiote.

Je l’ignorai superbement tout au long de la soirée, mêlant volutes de tabac aux vapeurs de mauvais whiskys, elle se saoulait, elle aussi, parmi d’autres convives, se donnant du courage.
La réunion amicale touchait à sa fin quand elle vint me trouver, elle tanguait sérieusement enivrée de Monbazillac. Elle me parla de tout et surtout de rien, attendant l’ouverture. Je pris soin de laisser toutes les portes fermées accroché à mon verre, caché dans la fumée. Elle trépignait, l’alcool n’est pas source de patience, malhabile, elle mit ses bras autour de mon cou et y lova son visage. Ses cheveux sentaient bon, certes, mais je la repoussai. Sans méchanceté, sans haine, pour elle, pour ne pas la blesser deux fois.
C’est au moment de partir, lorsque toutes les bouteilles furent vides, qu’elle s’y essaya à nouveau.
« Tu me ramènes, je ne suis pas en état de conduire.
- Moi non plus. » Les clés dans la main.
Sous la pression de nos hôtes protecteurs, je cédai.
Elle s’assit côté passager, remisa ses cheveux, me regarda et me sourit. Idiote.
Le long de la route, elle resta immobile, attentive. J’étais loin.
Je ne suivis ni la route qui menait à chez elle, encore moins celle qui nous aurait ramené chez moi. Sans trop savoir pourquoi, je m’arrêtai dans un grand terrain vague, à l’abri des regards. Je descendis de voiture, m’allumai une cigarette, assis sur le capot. Elle m’y rejoint. Elle passa ses bras sous les miens, m’enlaçant, puis vint se coller contre mon torse. Je fumais et les étoiles se cachaient derrière un ciel sombre et lourd, proche de l’orage.
Sa main caressait mon dos. Doucement. Je fumais.
Elle releva la tête, déposa dans mon cou un baiser, puis un autre, elle s’approcha tendrement de mes lèvres, je lui rendis ses baisers, sans penser à rien. Nous allions faire l’amour, comme la première fois, avec cette pudeur fragile. Je la repoussai. Encore.

Elle fit quelques pas, et se posta dans la lumière des phares. Elle se tenait de dos, les bras croisés, je crois qu’elle sanglotait.

Je la rejoins, l’enlaçai. Glissai dans son cou un baiser fiévreux, j’avais envie d’elle. Elle frémit. Ma main serra son bras, glissa entre ses cuisses, l’autre serrant son sein battant. Je passai finalement ma main droite dans ses cheveux en l’embrassant, puis sur son cou, ma main gauche l’y rejoint, et, ensemble, elle serrèrent, et serrèrent encore, précises, fortes, sans aucun doute. La belle ne se défendit presque pas. Elle sombra vite inconsciente, puis mourut. Sans reproche.

Je la laissai tomber regardant son auréole se mélanger à sa tête et au sol.

Je restai là quelques instants. Les phares éclairaient son chemisier dégrafé, ses seins blancs, sa jupe légèrement retroussée qui offrait à ma vue ses cuisses tendres et encore chaudes.
Puis je me rassis au volant de la voiture, allumai la radio et une autre cigarette.
Une goutte ou deux s’écrasèrent sur le pare-brise, puis ce fut un déluge électrique, violent. La pluie battait sa peau, douce comme la soie d’un papillon blanc.

samedi 17 mai 2008

La soie d'un papillon blanc (1/2)

Elle avait cette beauté slave et ces yeux bleus qui vous retourne dans la rue, qui pourrait vous faire parcourir le monde entier en une nuit pour un regard en coin. Elle avait cette beauté slave, et c’est tant mieux, elle était russe. Elle était russe, mais née à Rueil-Malmaison, ces parents avaient débarqué en région parisienne trente ans plus tôt, le temps de poser les valises, de trouver un emploi respectable, et notre beauté de l’est fut plantée au milieu du béton, et il y a de quoi s’étonner quand on voit ce que de plantes sublimes peuvent surgir d’un asphalte grisâtre.
Elle avait vingt ans lorsque je l’ai rencontrée, j’en avais vingt-deux, une différence assez négligeable.

C’était un jour où la pluie se mêlait au soleil cuisant des printemps trop chauds pour être honnêtes, où l’orage vous surprend au détour d’une rue, d’une discussion, à la sortie de la boulangerie, tous les clampins, moi y compris, rouspétant de n’avoir pris de veste car le soleil inondait de chaleur le vestibule en une matinée qu’on aurait voulu estivale, heureux que nous sommes de réaliser qu’on en a bel et bien fini avec l’hiver et que les mois qui viennent seront fait de débardeurs, de jupes plissées, de robes printanières, de marcels sans orchestre, de bob Ricard plutôt que l’éponge, de tongs tendances ou non, souvent ridicules, de shorts qui sentent encore la naphtaline. C’était un jour comme ça. Si je sombrais dans le crétinisme, je vous dirais que c’est une journée qui avait tout pour ressembler à ce qui va suivre, à ce que je voudrais vous conter, enfin, aujourd’hui.

Je me noyais dans ses yeux quand son regard un peu timide s’habillait de tendres rêveries. Je me perdais dans l’immensité immaculée de sa peau à la douceur d’une soie de papillon blanc, au parfum léger d’un alpage dans le cœur de l’hiver. Je mourrai piqué par sa poitrine aguicheuse, ferme comme un principe injustifié. J’oubliais jusqu’à mon nom dans les profondeurs vibrantes de son corps lascif et désespérément mien. Mais rien à y faire, je ne l’aimais pas.
La cruauté des sentiments n’atteindra jamais celle de l’indifférence.

Je l’oubliais parfois, souvent, comme une plante s’efforçant de prendre le soleil, de donner à ses poussées les vertiges de la nature, je l’oubliais au beau milieu de la serre, elle gardait le courage de ne point se faner, de séduire à tout prix, elle aurait gain de cause se disait-elle. Je n’avais rien à lui apporter, et n’essayais pas d’y changer quoi que ce soit, mais son dévolu m’inondait, me salissait les mains. Elle irait jusqu’au bout, et elle le fit.

L’indifférence laissa place à l’agacement, l’incompréhension : « Mais fuis, fuis idiote, tu ne vois pas que je ne t’aime pas ? que je vais te détruire ? ». Son amour la contentait, elle s’en nourrissait, n’attendant rien en retour, acceptant le moindre de mes caprices, de mes travers, de mes travers de porc.

Son pas parfois était un peu moins léger qu’à l’habitude, j’avais, je ne sais comment perturbé son abnégation, elle s’en allait pleurer le temps d’une chanson triste et revenait plus forte. Je crevais… Ma cruauté saignait mes chairs, son amour lacérait mon cœur, mes égarements me couvraient d’une honte sourde. Je souffrais de ce coup du sort, nous souffrions, mais ne partagions rien d’autre que l’expression de mes outrages. Elle les laissait passer priant que ce soit le dernier, je maudissais son impassibilité.
L’enfer avait les yeux d’un ange et mon cœur froid était le serf d’une raison perturbée, agacée, aux accès de violence contenue.

Il fallait que tout cela s’arrête.

J’ai décidé pour elle et moi, j’en avais l’habitude. En rentrant un matin décharné, où la saoulerie de la nuit à un goût désagréable, je la vis patiente, droite et concentrée, l’œil légèrement alourdi d’une nuit sans sommeil, d’une vie à attendre, elle était prête. Elle irait jusqu’au bout, je le sentais, elle aurait scellé à son doigt l’anneau enserrant, emprisonnant, son âme.
Ce matin là, elle ne dit rien, sur son visage, on lisait tout juste un sourire rassuré, comme un manque satisfait.
Ce matin là, je l’ai trouvée si idiote.
« Prends ton sac et barre-toi. » Ma voix était calme, j’avais sommeil.
Elle ne comprit pas tout de suite, me regarda interloquée, s’interrogeant. Etais-je en train de la quitter ?
« Prend ton sac et barre-toi. J’en peux plus de voir ta gueule traîner dans cet appart’. »
Cette fois là, elle comprit. Ses yeux vibrèrent, quelques larmes chaudes glissèrent sur sa joue laiteuse, toujours aussi immaculée, toujours aussi douce que la soie d’un papillon blanc.
J’avais l’air impassible, la fatigue et l’alcool m’aidaient, mais au fond, je vrombissais qu’aucun reproche, aucun cri, aucun coup ne sorte d’entre ses dents qu’elle n’avait même pas eu besoin de serrer.

Elle prit son sac en silence, tentant de dissimuler les soubresauts de pleurs profonds, comme pour me protéger de sa peine, incapable qu’elle fut de le faire de son amour sans limite. Elle passa lentement près de moi, les épaules lourdes, le visage contre terre. De sa main elle frôla la mienne que je retirai doucement. Elle s’arrêta sur le pas de la porte, ne se retourna point, sa silhouette dans l’ombre n’esquissa aucune vibration, elle ferma la porte sans la claquer, ses pas ne firent aucun bruit dans les escaliers.

mardi 6 mai 2008

à vote bon coeur !*


* Vous remarquerez que j'ai fait un effort pour que le titre soit nul aussi !

PS : pour voter tu cliques (et après y'a plein d'autres clics également, mais je voudrais pas t'effrayer)

mercredi 30 avril 2008

Zat ize Ze kwechtionne

Faut-il être au pied du mur pour déposer une plainte ?*





*spécial tribute to Freehug ! (inspiratrice émérite de l'auteur du BlueG)

dimanche 27 avril 2008

Expo, nouveau vase !

Etant une feignasse chronique, et n’ayant absolument rien à mettre sur ce joli blog qui est le mien et que vous pouvez soutenir au Festival des Rasants* ! Initiative éclatante et pour de laquelle kikoolol etc. mdr, le BlueG ait teu reuh de konque ou rire (je fais des efforts pour entrer dans toutes les catégories du fameux concours,j’espère que c’est assez discret !)

Donc…

Je disais…

Etant une feignasse chronique, je tiens absolument à vous présenter les expos actuelles (jusqu’au 8 juin) du Musée Européen de la Photographie** (à Paris dans le Marais, j’vous laisse vous débrouiller pour l’adresse précise)

Vous me direz, pourquoi parler de cela à tes deux seules lectrices (car mon lectorat est exclusivement féminin bien que le mot mascaras n’est jamais paru ici-même jusqu’à ce jour !) qui ne se fendront sûrement pas d’un trajet sur Paris pour une expo !?
Mais parce que c’est intéressant tout court !

J’ai l’impression de digresser sans cesse…

Donc…

Je disais…

L’expo actuelle propose une retrospective consacrée à Valérie Belin, ainsi qu’à Georges Rousse… Et franchement, ça kikoolol déchire vegra !

L’heure des dépêches AFP (en fait, littéralement pompées sur le site du musée qui en parle bien mieux que moi :

Valérie Belin :

S'appuyant sur un protocole précis, la photographie de Valérie Belin frappe par son caractère à la fois spectaculaire et dépouillé, ainsi que par une rigueur qui n'autorise aucune projection ou dérive narrative.
Son travail peut être considéré comme une tentative obsessionnelle d'appropriation du réel où le corps, au sens large du terme, joue un rôle déterminant. Ce traitement particulier des êtres et des choses dans son travail participe d'un intérêt pour une forme d'abstraction dans la photographie.




Georges Rousse :

Architecte d'un espace intérieur, Georges Rousse est un archéologue de l'invisible, à la recherche, non pas de la lumière, mais de l'idée même qu'il s'en fait, non pas de la couleur, mais de son concept. La photographie devient une plaque, non plus seulement sensible, mais transparente, en connexion avec le sens caché des choses.
L'exposition rassemble les œuvres récentes les plus marquantes d'un artiste qui, depuis plus de trente ans, en transit dans les villes du monde entier investit des lieux en voie de disparition, à la fois insolites et inattendus. Une salle transformée en project-room retrace également l'ensemble de son parcours depuis 1981.



A noter que les deux expos sont particulièrement bien combinée, deux manières de transcender le concret, de jouer avec les apparences (une sorte de réalisme surréaliste si j’puis m’permettre… et si ça veut dire quelque chose, ce qui n’est pas gagné !) Bref… sans vouloir me répéter, ça déchire vegra !

Et je tiens enfin à rappeler à ma large audience que Lafailli expose à Nantes jusqu’à la fin du mois ! Et j’vous assure que ça mérite aussi le détour ! (bien qu’en mal organisé que je suis, je n’ai pas réussi à m’y rendre, à mon grand désespoir, que je noierai dans l’alcool dès le soir venu)

Je vous griffouille amicalement.***


*Notez que si vous êtes blogueur vous pouvez également vous y inscrire ! Vous pouvez aussi, et ça ça fonctionne même si vous n'êtes pas blogueurs, dénoncer les p'tits copains !
**D'ailleurs, c'est toujours très intéressant ce qui se passe là-bas ! Et je remercie encore Laurence pour la fameuse expo d'Edouard Boubat
***Et espère que les nombreuses fautes d'orthographes qui auront jalonné ce billet vous auront ravies !

jeudi 17 avril 2008

Quand le mousse tique !

Le palu fait plus de victimes dans les régions où l'analphabétisme et l'illettrisme sont le plus répandu...

étonnant non ?

mercredi 9 avril 2008

Another day in the life

05h30 : Un grand hangar dont le sol est jonché de papiers, mégots, flaques séchées d’alcools mélangés, des traces encore fraîches de pas, un ou deux acides égarés ci et là. Une scène vide et des spotlights éteints, encore fumants. Nous ne sommes plus que deux, elle et moi, nous discutons. Vous dire de quoi ? J’ai du mal à m’en souvenir. Est-ce vraiment ce qui compte ? Elle a les yeux verts, le teint halé, malgré l’heure tardive. En fait, elle paraît comme sortie de la rosée matinale. Elle en a le parfum également. C’est étrange. Moi ? Je ne sais pas. J’imagine que mes yeux sont soulignés de cernes mauves, qu’ils sont injectés de sang, qu’ils brillent. Le teint blafard à n’en point douter, il est cinq heure trente, pardonnez-moi du peu ! Je ne fume pas en l’instant, mais j’ai la gorge sèche. J’ai du fumer beaucoup. Je ne m’en souviens pas. Pas plus que du reste d’ailleurs. Vous ai-je dis que je ne la connais pas ? Cette brune aux reflets roux… Même pas son prénom… Elle rit un peu, j’ai du dire quelque chose d’amusant, si seulement j’entendais. Mais, dans ce grand vide, je sais juste que je comprends. Dans le mouvement naturel de nos corps debout et las, je crois, je me tiens face à elle. Trente centimètres séparent nos visages tout au plus. Ce sont des chiffres qui comptent. Elle est face à moi et ne se décale pas. Elle s’approche même, imperceptiblement. Non. C’est moi qui le voudrais. Quoi qu’il en soit, j’ai lu dans je-ne-sais-quel magasine hautement philosophique et disponible chez le médecin, que deux personnes résistant au face à face avaient tout pour se plaire. Une gestuelle de séduction ou pas loin.
Faîtes le test chez vous.
Ses lèvres bougent, ses yeux tournent un peu, dans les miens, dans les nuages, dans ma poche. C’est alors que, venue de nulle part, une musique à en percer les tympans se met à résonner dans le hangar. Je l’avais oublié celui-ci. Rien ne semble avoir bougé autour et pourtant… Impossible de se comprendre. Je sens que c’est la fin, le lien s’est brisé. Je crie quelque chose du genre :
« Bon, on remet ça à demain !? »
Elle ne comprend pas.
Je me réveille, putain, 05H40. Faut vraiment que je baisse le volume du réveil…
L’oreiller voisin ressemble fortement à la fille du hangar, c’est elle. Elle me souffle un truc du genre :
« Eteins ton réveil, chéri… »
Je bougonne un « oui, bien sûr, ma puce ! » qui ressemble à s’y méprendre à un « Mmmh… » légèrement agacé… Mais, de circonstance.
Je sens que la journée va être dure.

lundi 7 avril 2008

Avertissement aux visiteurs arrivant par Google

Arrêtez de vous mot-clé !

jeudi 3 avril 2008

Rai de lumière

Un peu de poussière virevolte, dans le rai de lumière posé sur mon flanc. Ça frétille au gré de ma respiration souple et lascive. J’aime ça. Le soleil est printanier, il apporte des teintes fruitées et fleuries dans l’air, tout à l’heure, j’irai goûter le mousse fraîche à l’ombre d’un arbre. Ce parfum, cette douceur, j’aime ça aussi. Dommage qu’il ne fasse pas un tout petit peu plus chaud. J’ai vu, hier, le chien voisin claudiquant vers sa gamelle d’eau. Ça ne m’étonne pas, dormir dehors quand c’est aussi humide, c’est la garantie de mourir tôt. Ne croyez pas pour autant que je m’apitoie sur son sort, je ne l’aime pas, et mes étés seront d’autant plus tranquilles si la vie m’en débarrasse.
Le rai de lumière s’est légèrement déplacé. Chose naturelle. De mon ventre qui n’est plus irradié, un léger frisson a couru, un tressaillement. Mes yeux se ferment, mon âme s’enfonce dans quelques limbes inconnus, plutôt doux. Un léger tic tac me berce depuis le salon adjacent où quelqu’un s’affère. Au loin, la voix de Manon qui joue, certainement avec sa poupée. Je dois beaucoup de ma tranquillité à ce curieux objet, et l’en remercie, si l’on peut dire. Je repense à ce chien, le pauvre. Il y en avait un ici. Avant. J’étais jeune, il faisait très attention à moi. C’est, je crois, le seul cabot que je n’ai jamais pu voir ailleurs qu’en peinture. Quoique… Même en peinture.
J’ai raté le coche. Ces quelques digressions m’ont fermé la porte du sommeil, et le rai de lumière s’est déplacé suffisamment pour m’empêcher de faire danser la poussière en suspension.
C’est agaçant.
Je devrais m’étirer et changer de lieu de dilettante. Attendre encore un peu.

La porte de la chambre de Manon s’ouvre et je l’entends claquer. Il ne m’en fallait pas plus. Je m’étire, bâille comme une momie égyptienne, secoue légèrement les moustaches. Ça réveille.
Je me lève, et suis déjà en train de traverser la pièce quand Manon me saute au cou. Je râle.
« Manon ! Arrête d’embêter le chat !
- Mais, Maman, je lui fais juste un câlin ! »
L’intervention de la nourricière me permet de m’esquiver, je file à travers les chaises. Hors de portée de Manon, je me retourne.
Je l’aime.

mercredi 2 avril 2008

Les maux de la faim

Etant donné des circonstances que je ne préfère pas évoquer ici.

Je ferme le BlueG.

Griffouilles à tous.